Intérieurs (18)

Publié le par Bartlebooth


    

   

   

[Fenêtres incendiées des morts modernes qui bougent dans l’ombre immaculée. On se sent bien nu, stupide et sale. Une lampe blanche, du jour du jour brûlant entre broussailles et lourde porte. Elle voit ainsi tout, le rideau oscille et je suis enfermé ici. Nous voyons là-haut le feuillage doré. Dans mon bain, un moment de flottement. Les vitraux sont couverts de livres. Je suis seul et déambule devant moi à heures fixes sur une carte des chemins de fer. J’entends des palabres derrière la fausse pierre des faubourgs. C’est tout ce que j’ai pu retirer de mes… parsemés dedans et plein de lèvres bien vite ravalées comme une mer mouvante, comme des remparts à nos tristes épopées drapées, composées de caresses en s’essuyant les doigts sur une image projetée comme ce brouillard dans mon cœur découpé. Je me sens apaisé.]

Une végétation délicate d’images perverses. Le désert est une ville pour reculer assez loin. Ta chambre est bercée par l’on dit que les fleurs sont jetées au hasard, visuel fantastique où le soleil est poignardé, clouté. Il est temps de se dévorer nus dans ce laboratoire à l’ombre accumulée, sous les pales du ventilateur, sous la pâle lune, le froid froid froid s’effondre du sol de sol de coupole à toit toi saine et sans ciel et se trame de verre qui m’encadre moderne. La vue qui s’offre envahissante crée un écran de larmes, la vie est bien une vieille rengaine kitsch et minimale, inondée d’une lumière déclinante. J’ai cru à la vision d’un havre de sable urbain, idéal vide de rêve, au lierre sourd, prison totale où je me sens respirer funéraire, éjaculant une forêt perlée, pensée en ogive. Ci-parsemé, je.



 

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