Intérieurs (20)

Publié le par Bartlebooth


    

   

   

[Les étoiles sont à l’océan, mouvements accélérés dans un excès de sens que bâtit l’eau, le même instant traître depuis un centre de corail qui hante les sources, un brouhaha harcèle le jugement davantage que le discours. Enracinée en soi, mouillée d’une ville que ruine la grâce du premier amour, la beauté ne dort en prisme. Ce que j’ai, l’émotion coupant absolument se trouve incorporée en blues, couleur nuageuse. A l’angle du lit, s’insinuent dans ma vie le ciel, son visage, la bouche d’éclat, le monde, ne jamais l’oublier. J’ai vu que quelque chose près de moi avait cessé de vivre. Je verrai presque tout sans étymologie, un coup de langue moins triste dans la phrase, la patience en pensée, pas moi vu depuis le début. Se cacher dans des maisons de rêve, mais pourquoi un pâturage, tu ne comprends pas cet artifice dans cette ville, n’importe quoi, oui, de brume, dans l’entrée, dans l’ombre, un piège à présent. Point d’appui abandonné.]

J’attends, arrête. Dis-moi qu’il faut bien supporter, parle-moi chaque matin, ne m’écoute pas pleurer. Comment peut-on vivre, pourquoi, il n’en est pas question, aussi avant, maintenant ton souffle. Je peux me tromper, ma parole dégoûtante, tu sais, qui racle le sol, saigne quand elle se déforme. Elle m’a répondu pour que ce soit radieux, roupille un peu dans tout ce qui traîne, dans les pores des corps qui s’écroulent, dans le mal de tête vers minuit tendresse, assez d’écriture comme le corps dit, maintenant l’étranglement infini du temps, les corps, le rythme calme, rythme du corps, de l’être vers rien, dans le temps, beauté du paisible ici un peu la nuit comme ça mal, avec des images illusoires, vraiment bien, sûrement, toujours lentement. Rien. De jeunes filles passent. Balbutiements. Dérisoire, ça se tue là. De hauts murs. Quel sens, écouter les phrases d’hier, des questions personnelles que j’écris. Je touche les murs comme ça, qu’est-ce qu’il y a le jour vide dans un lit, personne ne bouge où je vais. Qu’est-ce que je dis où je m’échappe, à part une phrase continuée de moi-même, qui liquidé peut-être lire en me retirant de ma vie.

 

 

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Post Scriptum 29/10/2005 13:28

Sois donc "le dedans" errant de ton dehors
Et "le dehors" de ton dedans,
Sois présent dans l’absence.


Mahmoud Darwich