De la hie de Roussel

Publié le par Bartlebooth



En passionné tant de littérature que de lexique, l’ami Jean-Claude Bourdais nous fait part  de sa rencontre avec quelques mots rares utilisés par Pierre Bergounioux dans le Chevron. Parmi ces neufs mots, je n’en connaissais que deux. D’abord dahu, animal mystérieux mais qui m’a moins marqué que le Snark. Et surtout, hie !

Parce qu'il y a, dans le deuxième chapitre de Locus Solus, de Raymond Roussel, la description d'une drôle de machine, une hie volante, composant une mosaïque de dents. Et je ne peux voir le mot hie - c'est-à-dire jamais - ni le mot demoiselle dans l'un de ses sens secondaires, sans penser à la machine (littéraire) de Roussel.  Si j’avais envie de faire, dans un texte, un clin d’œil à Roussel, il est probable que j’y glisserais une rondelle d’emprunt à sa hie, déguisée en hirondelle de printemps.

Fantastique description qui fut commentée par quelques exégètes rousseliens, ils ne furent pas nombreux.
D'abord Foucault, qui en dit ceci, dans un article de 1962, "Dire et voir chez Raymond Roussel", précédant de peu son ouvrage sur l'écrivain :

« Toute interprétation ésotérique du langage de Roussel situe le « secret » du côté d’une vérité objective ; mais c’est un langage qui ne veut rien dire d’autre que ce qu’il veut dire ; la merveilleuse machine volante qui, munie d’aimants, de voiles et de roues, obéit à des souffles calculés et dépose sur le sable des petits cailloux d’émail d’où naîtra une image de mosaïque ne veut dire et montrer que l’extraordinaire méticulosité de son agencement ; elle se signifie elle-même dans une autosuffisance dont s’enchantait certainement ce positivisme de Roussel que Leiris aime à rappeler. [...] Aucun symbole, aucun hiéroglype dressé dans toute cette agitation minuscule, mesurée, prolixe de détails mais avare d'ornements. Pas de sens caché, mais une forme secrète.
La loi de construction de la « hie » volante, c’est à la fois le mécanisme qui permet de figurer un soudard germanique par un pointillé de dents fichées en terre, et la décomposition phonétique d’un segment de phrase arbitraire qui dicte les éléments avec leur ordre (demoiselle, reître, dents). C’est un décalage morphologique, non sémantique. L’enchantement ne tient pas à un secret déposé dans les plis du langage par une main extérieure ; il naît des formes propres à ce langage quand il se déplie à partir de lui-même selon le jeu de ses nervures possibles.
»
(Michel Foucault, Dits et écrits I, 1954-1988, Gallimard, pp. 210-211)

Façon foucaldienne de dire et voir Roussel qu'Annie Le Brun, dans son passionnant Vingt mille lieues sous les mots, Raymond Roussel, critiqua sévèrement, surtout parce que le philosophe ne s'était intéressé qu'à « faire apparaître [...] une construction langagière susceptible d'être décryptée 'à la lumière du nouveau roman' comme 'le premier répertoire en forme de littérature des pouvoirs dédoublants du langage' [...] Roussel écrivant, à l'évidence, dans le but de ne rien livrer de lui-même, il était facile de le prendre au mot, en s'en tenant aux mots, et d'en faire un mannequin qui parle pour illustrer à volonté toute thèse sur l'autonomie du langage. » 
(Annie Le Brun, Vingt mille lieues sous les mots, Raymond Roussel, Jean-Jacques Pauvert, 1994, p. 9)

Pas de sens caché, dit Foucault. André Breton, avant lui, disait le contraire en voyant dans les livres de Roussel (Breton parle essentiellement de Poussière de soleils, mais la formule vaut aussi, en particulier, pour sa confession posthume Comment j'ai écrit... et plus généralement pour l'ensemble de sa production) une oeuvre hermétique s'appliquant "à nous fournir les rudiments nécessaires à la réalisation de ce que les alchimistes entendent par le Grand Oeuvre et qu'il l'a fait, après tant d'autres, par les seuls moyens traditionnellement permis." ("Fronton Virage", introduction à Jean Ferry, Une étude sur Raymond Roussel, Arcanes, 1953, p. 28 ; Breton y compare aussi l'attitude de Roussel du "comment cacher quelque chose de manière à en rendre ultérieurement la trouvaille difficile, mais possible" (cette formulation de Ferry sur les fictions de Roussel s'applique parfaitement à son Comment j'ai écrit...) à celle des philosophes hermétiques )



Dans son livre posthume Comment j'ai écrit certains de mes livres (1935), Roussel livre apparemment le secret de son écriture (l'envers de son secret, dit Annie Le Brun) et explique quelques-unes des formes de son procédé d'écriture à base de rébus et de calembours. Le plus connu reste celui des phrases homophones à une syllabe près "Les lettres du blanc sur les bandes du vieux billard / Les lettres du blanc sur les bandes du vieux pillard" où chacun des mots est pris dans des sens différents. Il y parle succinctement du passage de la hie dans Locus Solus, construite selon lui d'après le même procédé :

« Locus Solus a été écrit ainsi. Mais là je ne me suis plus guère servi que du procédé évolué. C’est-à-dire que je tirais une suite d’images de la dislocation d’un texte quelconque […] Une fois, le procédé y reparaît dans sa forme primitive avec le mot demoiselle considéré dans deux sens différents ; encore le second mot a-t-il subi une dislocation qui se rattache au procédé évolué :
Demoiselle (jeune fille) à prétendant  ;  2° demoiselle (hie) à reître en dents.
Je me trouvais donc en face de ce problème : l’exécution d’une mosaïque par une hie. D'où l'appareil si compliqué décrit pages 35 et suivantes
 »
(Raymond Roussel, Comment j'ai écrit certains de mes livres, Jean-Jacques Pauvert, 1963, p. 23)

Se dirigeant sur les pas de Breton et Ferry, Philippe G. Kerbellec, dans son Comment lire Raymond Roussel, cryptanalyse (1988) propose un Roussel alchimiste, irréductible à son seul procédé (en tout cas tel que Foucault et autres fanas du « nouveau roman » l'ont naïvement compris). Le travail de Kerbellec, proche de la lecture très appliquée de Ferry, consiste à montrer que toute l'oeuvre de Roussel repose sur un seul calembour « dont le lent écho se répercute jusque dans le plus petit détail de chaque anecdote. Le procédé est un, absolu. » (Patrick Besnier dans sa préface). Kerbellec considère que Roussel a volontairement trompé son monde, qu'avec son Comment j'ai écrit... l'auteur a menti « en déguisant la rigueur absolue de sa règle d'écriture sous les apparences d'un bricolage presque enfantin ».
Kerbellec présente sa démarche « selon le sens inverse suivi dans l'investigation ; nous partions en effet avec l'intention de négliger le procédé, préjugeant du sens, et nous le découvrions, en fin de compte incontournable ; mais nous avons gagné d'y apprendre qu'il se constitue bien différemment de la présentation canularesque qu'en fait Roussel. » La logique et les révélations y sont hallucinantes. Voici le commentaire de l'extrait de Roussel cité plus haut ("Besch." renvoie au dictionnaire Bescherelle que Roussel affectionnait) :


« Le « donc » est bien dans la manière de Roussel !
L’enchaînement de causalités : « en dents », Donc « mosaïque » ; « demoiselle », Donc « exécutée par une hie », est absolu, irréfutable ; relevant d’une logique non discursive, on se trouve bien en peine d’y porter la contradiction… à moins que pantois l’on ne devienne perplexe, puis dubitatif…
[…]
Prétendant / Prêtres en Dents – Reître en Dent / Prêtres en Dominos
Dents / Dominos / Dés à Mosaïque – De à Raie – Craie à Bande
La réputation de pillard du reître n’est plus à faire, qu’on se reporte aux définitions courantes des dictionnaires, à l’historien ou à la source mériméenne de Roussel (Chronique du règne de Charles IX).
Dents / Mosaïque / Reître-Blanc / Bande / Billard
On rétorquera que la « demoiselle » parasite l’équation. Ouiche, si l’on a oublié la génération des instruments à tasser :
Pile… Pilon / Mouton / Sonnette…
Il n’y a pas que du procédé là-dedans. Les demoiselles volent par nature ; ce sont des libellules ; la « Demoiselle » vole déjà depuis quelque temps : c’est le « n°20 » de Santos Dumont, fabriqué en série depuis 1911. Roussel l’ignore-t-il ? Dans Le Gaulois du 3 octobre 1909, un dessin humoristique présente un paveur couvant sa hie du regard : « Au moins voilà une demoiselle comme il faut : c’est pas comme celle à Santos Dumont qui fait tant parler d’elle », dit la légende… Quatre pages plus loin, on trouve un passage de l’épisode Fogar des Impressions en feuilleton.




[…]
Procédons de nouveau. A partir d’un mot de rebut, de rébus, dont l’utilité n’est que de fournir la vocalisation du i (sa célébrité a gagné, depuis, de la vogue des mots croisés) ; à partir d’un objet lourd et très grossier que l’on ne voit manié, si encore on y prête attention (jour où, fauché, on évite la rue d’un créancier, s’excusant d’un « on pave » ; ce qui n’est guère le cas de Roussel), qu’en de très rares occasions, il extorque « l’appareil si compliqué décrit pages 35 et suivantes »… suivantes qui sont les plus nombreuses et les plus denses de son œuvre. Par :
Hie = Dame = Demoiselle…
Dame = châtelaine. La belle Christel est l’épouse du baron Skjelderup, à château.
Dame = pièce maîtresse des échecs. La hie aérostatique ne se déplace que suivant des diagonales.
Dame = à damer le pion. Le reître Aag, comme pion (originé dans piéton, soldat à pied), dépend de la volonté de celle qui a déjoué ses attaques.
Demoiselle = vierge. Ulfra, « pure adolescente aux vertus proverbiales ».
Demoiselle = fée. La hie exécute un « travail de fée » / les fées ont leurs grottes (prison d’Aag), leur roche (système de fermeture de la grotte), etc.
Demoiselle = libellule. Le Recueil des Kaempe Viser, publié pour la reine Sophie par Sorenzon Wedel, 1591 (on serait bien en peine de trouver une reine Sophie associable historiquement à cet écrivain).
. Besch. – SOPHIE : entom, espèce de demoiselle.
Libellule : petit Livre (étymologie). Le livre trouvé par Aag dans la grotte.
… Prêtres.
. Besch. – LIBELLULE : on croit que le nom vient de ce que la plupart des espèces tiennent leurs ailes étendues comme les feuillets d’un livre… Quant à la dénomination de demoiselle, il est à croire qu’elle a été donnée par le vulgaire à cause des formes sveltes et élégantes de ces insectes… ce qui les a fait encore appeler des prêtres dans quelques contrées, à cause des nervures dont l’étoffe ou la matière légère de leurs ailes se trouve régulièrement maillée, ainsi que sont les volants ou les ailes des surplis de nos prêtes catholiques…
Machines à Rêver
disait Barthes ; les dictionnaires perturbent le sens de la lecture. On les parcourt plutôt qu’on les lirait, en diagonale, par colonnes, dans l’épaisseur – par les « renvois » - ; l’œil est attiré, comme l’esprit dilué. La logique de l’écriture rousselienne s’en ressentit. »
(Philippe G. Kerbellec, Comment lire Raymond Roussel, cryptanalyse,  Jean-Jacques Pauvert, 1988, pp. 195-198)

légende de Kerbellec :
Roussel n'est pas le premier à envoler les demoiselles.
Santos Dumont le précède en cela avec son "N°20". Le dessin humoristique
de Lebègue, jouant sur l'instrument du paveur (la hie ou demoiselle) et le célèbre
aéroplane, figure dans le même Gaulois du Dimanche, 2-3 octobre 1909, qu'un épisode
des Impressions d'Afrique. La hie de Locus Solus, archétype des machines rousseliennes
est un dispositif verbal d'une extrême complexité, dans lequel les multiples connotations
sont mises à contribution par le procédé. La demoiselle ou libellule (formes et couleurs
diaphanes de la hie aérostatique), par l'étymologie "petit livre", et la sophie, variété
de libellule, déterminent un livre dédié à une achronique reine Sophie...
La demoiselle est, en principe, vierge, d'où la chaste Ulfra ;
C'est aussi une fée, d'où l'extraordinaire finesse du travail
de la hie. C'est encore une dame, d'où cette fois
la marche diagonale de la hie, comme
peut le faire la pièce maîtresse
des échecs.
 


Autre étude tout à l'opposée de celle de Foucault, celle de Sjef Houppermans va à la conquête du sens et propose, pour comprendre le "bloc obscur", la "face cachée", "le fond d'illisible" du texte roussellien, d' « étendre la notion même de lisibilité pour pouvoir y donner une place au texte ». Le livre de Houppermans est une pièce primordiale dans les études rousseliennes, particulièrement éclairante sur certains points. Extrait :

« Voici la demoiselle-hie, libellule libellée. Demoiselle (jeune fille) à prétendant : Demoiselle (hie à paver - d'où les dalles) à reître en dents - Ainsi Comment j'ai écrit... - explique son éclosion (p. 23). Par des transports aériens automatiques, minitieusement chronométrés, la hie-ballon fait la composition d'une mosaïque. Le matériel : des dents de toutes les couleurs, les racines ajoutant une note rouge. Le sujet : un soudard (Aag) mis au cachot et condamné à mourir d'inanition après une tentative échouée d'enlever une dame (Christel) convoitée par son voisin (Gjörtz). [...]
Ainsi l'épisode de la hie est pure dramatisation d'une conception littéraire dans un cheminement labyrinthique que suivent les méandres de l'analyse. Formule magique du procédé qui engendre une mosaïque figurant le moment principal d'une histoire prédit par son archi-histoire qui est mise en route par la formule magique seconde du procédé.
Mais il y a plus. Ici on a quitté l'aire de la génitrice : on entre dans le domaine des machines désirantes, machines du désir qui évoluent vers des machines célibataires-miraculeuses.
En fait, la hie est une combinaison - une explication - de la machine célibataire et du labyrinthe. Explication à prendre dans son sen littéral : la machine ex-plique le labyrinthe en dents (dedans - de l'intérieur - ici on rejoint encore Brisset). Mais explication aussi dans le sens de commentaire ; elle explique l'écriture. Mise en scène de la critique dans le système roussellien prise donc selon son double sens. La demoiselle met son homonyme Christel dans le labyrinthe et donne aussi une mise en abyme du récit.
[...]
1. Demoiselle (jeune fille) à prétendant.
2. Demoiselle (hie) à reître en dents (C., p. 23).
Le prétendant, c'est Roussel aussi et il va transformer sa demoiselle - son sauveur - en machine célibataire, la hie : il installe son désir dans le I phallique, sur son propre corps, le corps de Narcisse en quête de plénitude. Mais la solution n'est pas aussi simple : la machine est une stase, une sidération qui sera réintroduite dans le cercle : elle reproduit le désir qui la constitue ; la vraie demoiselle revient dans son dessin et c'est un scénario qui tente de l'objectiver au maximum : on pensera peut-être que ce n'est qu'une image, une rêverie ; celui qui lirait ainsi est comme Aag qui regarde son rêve, s'y accroche pour ne pas se réveiller dans l'obscure caverne, mais il va se frotter les yeux : ce n'est plus un rêve, la colombe se fait femme qui le sauve.
[...]
Le mot roussellien ne rentre pas tout de suite à la situation actuelle après son plongeon pour y provoquer la sidération. Il accomplit le long parcours pseudo-onirique et revient non pas se rattacher au présent mais raconter son voyage. Le signifiant s'est chargé, ionisé, par le contact avec les signifiants inconscients et il va se décharger.
C'est ce que dit l'histoire de la demoiselle : le mot se fait machine du désir (unité symbole - image), crée son intermédiaire (instance censoriale de dissimulation) qui nous plonge dans le domaine onirique, travaillé par les effluves du lac - et rappelons le court-circuit avec les rêves du je - Grtz - pour se résoudre dans la libération (le rêve s'est fait, le rêve s'est dit) et revenir à la demoiselle-hie qui va nous préparer d'autres surprises.
On voit que le trait le plus typique (comme toujours chez Roussel) c'est les différents niveaux, l'ouverture des parenthèses, la mise en abyme, défense par écart, par dissimulation. Mais les avatars de la mise en abyme nous ont appris que celle-ci au lieu d'être linéaire (micro-histoire qui est mise en abyme d'une macro-histoire) peut devenir circulaire dans le texte moderne (tel fragment-mise en abyme renvoie à telle mise en abyme-fragment qui se rapporte à une troisième encore - ou déjà au premier - et ainsi de suite jusqu'au retour éternel : précisément, textuellement, il n'y a pas de première instance, m^me pas sous forme de vide, il n'y a que les renvois, la « circulation ») et ce dernier scénario se joue justement dans l'histoire de la demoiselle : des miroirs qui s'entre-reflètent, et c'est au point de friction des images que ça risque de courtcircuiter, mais l'éclair qui se produit alors ne renvoie pas à un (le) centre du texte, mais se disperse sur les bords, sur le moi en morceaux. Dans la mosaïque justement ces bords resteront toujours à faire. Le texte roussellien est l'image de ce sujet morcelé
»
(Sjef Houppermans, Raymond Roussel - Ecriture et désir, José Corti, 1985, pp. 233-240)

Ce prétexte de la hie pour parler de Roussel et rendre hommage à quelques auteurs - Annie Le Brun, Philippe Kerbellec, Sjef Houppermans -  dont les études répondent merveilleusement au désir de Breton que l'oeuvre de Roussel soit "réexaminée de fond en comble"





page du Larousse 1900 en sept volumes

 

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Bartlebooth 20/06/2006 11:09

Oui, d'ailleurs la seule chose intéressante que j'ai trouvée sur le net pour faire lien au nom de Philippe Kerbellec  est une page de Rémi Schulz sur La Montre du Mède.Je n'ai encore lu aucun Pierre de Gondol mais ça viendra. Merci d'en parler.

ingirum 19/06/2006 22:11

Sous les pavés la plage :Juste pour signaler aux amateurs de Roussel et de polar que Philippe Kerbellec se sert de l\\\'écrivain pour décrypter un mystère dans un roman paru dans la collection Pierre de Gondol : La montre du Mède. Et que dans la même collection, initiée par J.B. Pouy, un autre roman, Sous les pans du bizarre de Rémi Schulz  trouve aussi sa solution grâce à Roussel. Juste retour des choses. Roussel fasciné par Verne se retrouve personnage de romans, et clé d\\\'interprétation de cryptogrammes aussi sots que grenus. Ces lectures rafraîchissantes meublent néanmoins l\\\'esprit avec ce qu\\\'il faut de distinction.