Intérieurs (10)

Publié le par Bartlebooth


    

   

   

Devant moi, une porte ouverte sur une chambre vaguement éclairée et encombrée, sa lumière se reflétant dans l’œil d’un animal. Dans le rêve, le déplacement d’enfant perdu suit ma conversion, gommant le sommeil. Une mélodie, le bruit des gouttes, un trou percé dans la paroi fait apparaître le plus curieux réel : ses jambes allongées dessinent, impression de mystère, l’heure sur le mur. On s’ennuie, une série de crimes dans une vague odeur d’éther, je ne peux rien voir. Ma première blessure au cœur du labyrinthe, le jeu de la chair un peu formel, un homme aveugle, une femme déçue, les blessures me déshabillent. Le sol de pierre, des grains de poussière. Les fantasmes assassins, très primitifs, ces corps et j’entends ma voix parler de déshonneur, sans retenue. La femme, allant pisser par un petit orifice à fond secret, se sent pourchassée par la mort du monde extérieur. A l’abri des enfermements de notre conscience, nous voici tissés dans les voiles de nombreuses expériences, celles d’un fou immobile, de l’oubli, de la poudre à canon, de la cour ensoleillée, de l’état de décomposition, de l’utérus protecteur. Et je ne voudrais pas que tout devienne pure poésie, perdre la vue.

 

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