Intérieurs (23)



[Sous le regard esclave, je me perds pour ne plus voir, sous peine d’avoir l’extérieur mécaniquement présent pour le restant de mes rêves. A la surface du corps, quelques phrases impossibles, je ne les lis pas encore --- le pointillé dans les brumes de vie des coins d’obscurité. Les fantasmes parasites vite séparant se muant peu à peu tout en restant tout aussi subtilement ce corps à corps sans mots spontanés. Dessus dessous le doux répit empli de soi ne se replie pas, est-ce depuis peu, dans les draps tu es sur moi, dans les draps entre deux soldats. Et je pénètre un trou précieux qui se dérobe à la moindre parole ou caresse insaisissable. Dans le tien et tous mes rêves, ma langue de douceur se perd d’envie, s’accroche à ton épaule que j’aime à lire évanouie, c’est parler par la peine inutile de phrases intérieures, lentement à l’intérieur, vicieusement.]
A solliciter suspecte la présence. Aux sens, d’abord au sens littéralement et provisoirement. Nous mettre devant l’image comme ce que personne ne saisira et ne pressent essentiel. Visions de quête qui nous émeut et dans laquelle on peut se perdre. Folie, la pensée de l’idée qui délivre. Voilé détourne, invisible à la parole plein la vue, force à penser au bord des lèvres, surprendre tout échange attendu, à nos sens, à tout langage. Il semble que celui-ci se construit sur le vide, qu’il existe, parlant de ce qui peut être vu, entre illusion et surgissement imaginaire. Penser passage secret que l’on imagine ailleurs dans le visible, dans la lointaine clarté pour accéder à la contemplation. Extinction des sens ou être hanté par les rythmes irréductibles. Voiles, faux-fuyants. Au regard apparaît l’évidence anéantie, n’imaginons rien au-delà. L’absence à notre vue est un signe (du fragment (non) retenu).