Oreille rouge, d'Eric Chevillard

- J'écris Paluches.
- Il travaille à ses Tigres...
- Je lis Oreille rouge.
Il s'appelle Albert Moindre. Ce n'est pas peu, ce n'est pas rien. Ce n'est pas peul non plus (peut-on être Peul Peul dans le bas du seul-seul ?).
Le narrateur est-il Marc-Antoine Marson qui, non satisfait d'avoir voulu ridiculiser Thomas Pilaster, s'en prend maintenant à l'un de ses personnages ?
Qu'a Chevillard à voir avec ce marsouin, pillard austère empiétant sur les plates-bandes de celui qu'il prenait à la lettre pour dire tantôt blanc comme neige tantôt noir comme un petit carnet de moleskine, voire comme l'Afrique (même si, de ses soucis, Roussel est le cadet) ?
Au nid soit qui Mali pense.
L'Afrique, fantasme.
L'Afrique enfante homme.
Le vacillant petit ailleurs.
L'Afrique fantôme sweet home.
Cette fois, Jean-Léon Moindre ne veut pas "réintroduire le tigre mangeur d'hommes dans nos campagnes", il ne remplira pas les soutes d'un avion de jeunes fauves. Ouf !
Où campent autant d'hippopotames ? Le poème sur l'Afrique sera-t-il assez grand pour les contenir ? La moleskine n'est-elle pas dérisoire comparée à la peau de l'animal ?
Oreille rouge est un blanc-bec (une sombre ordure).
La honte, bien sûr. Le soleil, évidemment. Et les piqûres de moustiques ? Oreille rouge se les gratte-t-il jusqu'au sang ?
Oreille rouge a failli s'appeler Moustiquaire.
- Tiens ! Tu travailles ?
- J'écris Paludisme.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Le poème de l'Afrique.
- Encore des impressions ?
- Je me fais marais.
Tout cela est si évident : je suis encore une fois ravi et amusé et surpris par Chevillard.
sur Oreille rouge :
- site des Editions de Minuit [premières pages et une revue de presse de ce livre et des cinq précédents]
- chronique de Vincent Josse (France-Inter)
- article de Jean-Claude Lebrun (L'Humanité)
- article de Baptiste Liger (Lire)
sur Eric Chevillard :
- site personnel [très complet, comprenant sa bibliographie, des textes de Chevillard parus en revues, une revue de presse, des interviews]